Je sais, plusieurs d’entre vous vont se dire bon, une autre qui nous fait la leçon ou qui nous louange. D’autres craindront que je l’accuse de tous les maux de la société ou finalement se diront, bon une vieille croûte qui va nous sortir son grand classique « dans mon temps ». Non, rien de tout ça ne suivra, rassurez-vous, vous pouvez continuer la lecture de ce billet et défaire vos poings crispés.
J’échangeais avec une amie sur la grève étudiante. Parce qu’indirectement, ou aveuglément, cette grève nous rejoint. Nous sommes restées jeunes et sommes incapables de chiffrer les années qui passent. Bref, nous échangions sur le sujet et certaines constatations semblaient prendre le dessus.
Certains appuis sont venus, de bonne foi, certes, s’ajouter à votre voix, vous supportant. La cause est noble et je ne peux pas affirmer que vos revendications sont non fondées. Là où je suis inconfortable, c’est où plusieurs, au chaud, à l’abri derrière les médias traditionnels, les médias sociaux, vous poussent à aller de l’avant joignant à votre cri des revendications qui n’ont rien à voir avec les vôtres. D’autres espèrent retrouver et revivre leur jeunesse à travers vos revendications. Certains iront jusqu’à vous faire porter le poids de l’humanité sur vos épaules.
Si c’était bien cute et anodin au début, là quand je vois que c’est vous, chers étudiants, qui êtes au front, qui accumulent les blessures au fil des manifestations, qui voient leur avenir menacé par des études chaotiques, qui voient leur intégrité entachée par la généralisation condescendante de certains propos, je me dis qu’il serait peut-être temps que je vous partage mon malaise.
C’est votre lutte, vos revendications, votre grève. Ne perdez pas de vue vos revendications et ne vous laissez pas influencer par d’autres mouvements qui iront se joindre à vous. C’est un débat de société mais la grève vous appartient, à vous et à personne d’autres. Gardez en tête que c’est vous qui avez subi la violence des manifestions, pas nous qui sommes bien au chaud derrière ce clavier. N’ajoutez pas du poids sur vos épaules lorsque vous continuerez votre lutte. Votre mouvement vous appartient, vous seuls et personne d’autre.
L'appétit vient en mangeant. Je devais bien commencer avec une phrase respectant l'esprit du blogue.
RépondreSupprimerAu départ, c'était l'accessibilité ... maintenant, rien de moins que le gel, pour ne pas dire le retour aux base de 2007, 1997, 1987 ?
Bref, la gloutonnerie fait partie des pêchés capitaux.